Quand on commence la facilitation graphique, l’étape des personnages est souvent un peu décourageant. On hésite sur les proportions, on a des difficultés avec les mouvements… Bref on trouve nos bonhommes ridicules et ils nous prennent généralement trop de temps. Résultat : on évite, on simplifie à l’extrême… ou on renonce carrément à représenter les personnes.
Pourtant dans la pensée visuelle, les personnages jouent un rôle clé : ils incarnent une idée, rendent une situation concrète, créent de l’empathie et attirent immédiatement l’attention. Bonne nouvelle pour vous qui hésitez (et pour moi), il n’est absolument pas nécessaire de savoir dessiner de manière “réaliste”. Quelques formes simples, bien choisies, suffisent pour créer des personnages lisibles, expressifs et rapides à tracer.
Dans cet article, je vous partage 6 conseils pour dépasser ce blocage et dessiner des personnages qui vivent vraiment sur votre page.
1. Commencer avec des formes très simples
Dans le contexte de la pensée visuelle, la simplicité est une force. Un personnage peut tenir en quelques traits :
- Un cercle ou une forme “patate” pour la tête
- Un rectangle ou un bâton pour le corps
- Des lignes simples pour les bras et les jambes
Et ça ne suffit largement pour être compris.
Astuce : un corps en bâton est ultra rapide, mais un rectangle donne plus de présence au personnage tout en restant rapide à tracer !
2. Exagérer les postures pour créer du mouvement
Un personnage debout, bien droit, bras le long du corps, n’exprime rien. Ce qui donne de la vie à un personnage, ce n’est pas la précision du dessin, mais son énergie. Notre cerveau lit d’abord la silhouette globale avant les détails. C’est pourquoi une posture dynamique suffit à transmettre une intention.
Par exemple :
- un personnage penché en avant évoque l’intérêt ou l’engagement
- un corps affaissé traduit la fatigue ou le découragement
- des bras levés suggèrent l’enthousiasme ou l’appel
Astuce : imaginez une ligne d’action avant de dessiner. Tracez (mentalement ou au crayon à papier) un trait souple qui traverse le personne de la tête au pieds. Cette ligne invisible donne le mouvement et l’équilibre du corps.
3. Jouer avec les proportions
Une grosse tête par rapport au corps attire immédiatement l’attention et met l’accent sur les émotions. De grandes mains accentuent un geste. Un corps minuscule peut rendre le personnage plus attachant, fragile ou maladroit.
Astuce : utilisez les proportions pour orienter l’attention. :
- La tête pour montrer l’émotion,
- les mains pour mettre en valeur l’action, le geste
- la taille globale pour traduire un rôle (leader, apprenant, client etc.).
4. Réduire les détails au strict minimum
En cherchant à dessiner des doigts de manière réaliste, des chaussures détaillées, des plis de vêtements… on se retrouve bloqué. En pensée visuelle, moins il y a de détails, plus c’est efficace. Une main en forme de “moufle” , un simple trait pour les pieds suffisent largement. N’allez pas non plus dans le détail avec des chaussures ou des ombres complexes. Un petit trait sous le pied suffit pour donner une impression de sol.
Astuce : moins il y a de détails, plus le personnage est facile à reproduire rapidement.
5. Ajouter des accessoires pour contextualiser
Les accessoires sont des raccourcis visuels extrêmement efficaces. Quelques éléments suffisent à identifier immédiatement un rôle :
- des lunettes pour un expert,
- un chapeau pour un leader,
- un micro pour une personne qui anime ou présente,
- un carnet pour un consultant …
Astuce : un accessoire remplace parfois une posture compliquée et aide à mieux comprendre le message. Préparez une mini-banque de 3 ou 4 accessoires rapides à dessiner. Ils deviendront vos raccourcis pour représenter différents personnages sans complexifier vos dessins.
6. Varier les émotions
Les émotions se lisent surtout dans les yeux, les sourcils et la bouche.
Avec ça, on peut déjà tout dire. Comme pour les emojis, de simples variations changent tout :
😐 yeux ronds + bouche droite = neutre
😊 yeux en demi-lune + bouche en courbe = content
😮 yeux écarquillés + bouche ouverte = surpris
😡 sourcils penchés vers le bas + bouche courbée vers le bas = colère
Astuce : entraînez-vous à dessiner la même tête plusieurs fois en ne changeant qu’un seul élément (les sourcils, puis la bouche). Vous verrez qu’avec deux traits différents, l’expression se transforme complètement.
Ce qu’il faut retenir
Avec quelques formes de base, un peu d’exagération et deux ou trois accessoires bien choisis, vous pouvez déjà représenter beaucoup de situations.
Ce qu’il faut retenir, c’est que vos personnages n’ont pas besoin d’être parfaits pour être utiles. Leur rôle n’est pas d’impressionner par la perfection du trait, mais de soutenir vos idées et de rendre vos messages plus clairs et plus vivants.
En appliquant régulièrement ces six conseils, vous allez créer petit à petit votre propre style, gagner en rapidité et surtout en confiance. Vos personnages deviendront un outil simple et efficace pour capter l’attention, faire passer une émotion et donner plus de force à vos visuels.
En résumé : mieux vaut un personnage imparfait mais expressif. Alors, entraînez-vous, amusez-vous, et laissez vos personnages prendre leur place dans vos carnets ou sur vos tableaux.
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