À la découverte des pratiques narratives

Emmanuelle : Tu t'es formé aux pratiques narratives récemment, peux-tu me dire ce que c’est et pourquoi tu as choisi de te former à ce sujet ?

Romain : C’est une des rares disciplines où je me suis formé sans savoir ce que c’était. Pourquoi ? Tout simplement parce que je suis l’activité sur les réseaux sociaux d’un confrère qui s’appelle Fabrice Aimetti, le plus grand contributeur de ressources francophones sur l’Agilité. Il traduit énormément d’articles d’infographies, et de livres blancs sur l’Agilité. Je l’ai connu il y a 10 ans, nous faisions le même métier de coach agile puis il a suivi un cursus de coaching. Un jour il a expliqué qu’il s’inscrivait à un cycle de praticien narratif. J’avoue, je ne comprenais pas du tout ce que c’était mais j’ai été intrigué par le sujet.

Progressivement, d’autres personnes sur les réseaux sociaux ont ajouté « praticiens narratifs » dans leurs intitulés. Je me suis renseigné un peu plus et j’ai vu des témoignages que je n’ai toujours pas compris mais qui ont aiguisé ma curiosité.

Au fil du temps, les questions se sont percutées dans ma tête : un confrère que je respecte énormément, que cherche-t-il ? Qu’a-t-il trouvé ? Qu’a-t-il pu extraire de cette discipline dont je ne comprends pas grand chose ? En synthèse : qu’est-ce que c’est que ce “truc” ? Donc voilà pourquoi je me suis formé aux pratiques narratives. Je me suis dit que je ne pouvais pas sortir d’une telle formation sans rien apprendre.

C’était donc juste de la curiosité ?

On peut appeler ça du mimétisme 🙂 Si un confrère comme Fabrice s’y intéresse, c’est que ça vaut le coup d’approfondir le sujet. Je fonctionne beaucoup comme ça. J’observe où se dirigent mes confrères et mes consœurs et je me dis souvent que ça pourrait être intéressant pour moi aussi. Mais bon, normalement j’ai une idée de ce que je trouverai.

Alors qu’avec les pratiques narratives, vraiment pas du tout ! Je ne savais absolument pas dans quoi j’allais mettre les pieds. Quand je dis que je ne comprenais pas, c’était d’autant plus frustrant que j’avais essayé. C’est sans doute pour ça que j’étais autant attiré. Cette interview est la première occasion pour moi d’en parler car que je trouve que c’est un monde difficile d’accès de prime abord.

Même si je ne suis pas coach certifié, je pratique la posture comme beaucoup. Et bien là, j’ai découvert une nouvelle posture, une vraie nouvelle ouverture. Pour toutes les personnes qui coachent, quelle que soit leur influence, que ce soit appreciative Inquiry ou Solution focus; que ce soit le coaching pur et dur, que soit l’accompagnement des personnes par un principe de questionnement, les pratiques narratives sont vraiment nouvelles.

Avant ta formation, à quoi faisait référence pour toi le terme de pratiques narratives ?

Ce que j’en avais compris, c’est que ça s’adressait à des personnes qui sont en situation d’aide ou d’accompagnement. Cette discipline intéresse des professionnel(le)s de la relation de l’aide et l’accompagnement comme des thérapeutes, des psychologues, des assistantes sociales et a aussi des applications en coaching d’entreprise. Les pratiques narratives accueillent des publics extrêmement larges et c’était aussi ça une de mes motivations : trouver une formation qui ne soit pas en lien direct et exclusif avec l’agilité, l’intelligence collective ou la facilitation graphique. Une formation qui s’adresse à d’autres publics et donc qui vont être une source d’inspiration pour arriver à faire des ponts avec mes pratiques. C’est ça que je cherchais depuis des années et donc ça semblait à 100% dans mes critères. Au début, je me doutais que j’allais découvrir un sujet assez proche de ce que je fais mais ça n’allait pas plus loin.

Dans les cercles professionnels que je côtoie, les gens parlent énormément de coaching : analyse transactionnelle, programmation neurolinguistique, des approches classiques et standards connues, qui sont déjà déployées sur le marché depuis longtemps. Et ça fonctionne très bien.

Comment présenter les pratiques narratives à ces professionnels ? Je vais tenter de donner ma définition pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas. Je précise d’abord que la définition que je propose, est forcément inexacte parce que je suis loin d’être un expert. Je suis plutôt un jeune padawan nouvellement passionné 🙂

Les pratiques narratives sont une nouvelle façon de questionner l’autre pour reconvoquer de manière positive quelque chose qui semblait impossible.

Comment cela fonctionne ?

C’est une façon de mener une conversation pour que les personnes redeviennent auteurs de leur vie. Pour bien comprendre à qui ça s’adresse, regardons les origines des pratiques narratives : les personnes en souffrance et particulièrement les peuples aborigènes en Australie qui ont vécu la colonisation.

Michaël White et David Epston ont initié les pratiques narratives en publiant leurs travaux et leurs études. Ils ont identifié une autre façon de réaligner les gens avec ce qu’ils ont envie d’être. Je me rends compte en écrivant que je redis à peu près ce qu’on m’a expliqué le premier jour et que je n’avais pas compris. C’est ça qui est difficile, c’est que c’est un peu abstrait 🙂

Pour faire simple, nous sommes le fruit de nos propres histoires personnelles, et elles se racontent. Imaginons que j’ai vécu un problème, traumatisant ou pas, qui peut être un petit souci ou une souffrance profonde. Ce problème, je vais sans doute tourner en rond avec lui. Il va être là, présent en permanence, et va faire partie des moments de ma vie et d’histoires que je vais raconter autour de moi. Comment donc accompagner une personne qui a un problème et dont on ne voit pas comment s’en défaire ?

En pratique narrative, le problème c’est le problème et la personne c’est la personne. Mais la personne n’est pas le problème et le problème n’est pas la personne ! Ça a été une grande révélation.

Nous allons donc questionner et amener progressivement à reconvoquer les belles histoires de la personne, celles qui font écho à ses valeurs. Et là où nous avons des valeurs fortes, nous avons de l’énergie en nous. Ces valeurs fortes se sont forcément exprimées au cours de notre vie. L’enjeu du praticien narratif c’est d’arriver à mener une conversation en posant des questions à cette personne pour qu’elle arrive à remettre le doigt sur ce qui est le plus puissant pour elle, c’est à dire ses propres valeurs.

Je pensais avoir découvert la posture basse avec le coaching, j’ai découvert qu’elle pouvait être encore plus basse que ce que je pensais. Les pratiques narratives sont un nouveau déclic qui change tout !

L’intention est de débloquer des gens non pas par mon action ou mes questionnements (forcément orientés, je m’en rends désormais bien compte) mais en partant du principe qu’ils ont les ressources en eux et de le faire en convoquant leurs valeurs. Les pratiques narratives nous apprennent à questionner pour redonner le pouvoir à la personne sans jamais lui suggérer ce qu’elle doit faire, simplement en la faisant s’appuyer sur ses valeurs à elle. C’est une grande nouveauté remarquable.

Depuis que je comprends mieux cet outil, j’utilise les pratiques narratives pour construire des histoires qui rendent plus forts mes clients pour les défis qu’ils ont à affronter.

Aller plus loin

Si vous aussi, vous voulez en savoir plus sur les pratiques narratives, voici quelques ressources intéressantes.

 

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