Comment organiser sa page en facilitation graphique ? Outil gratuit

Pour organiser sa page en facilitation graphique, on choisit une architecture selon la nature du contenu. Plusieurs parties de même niveau ? Des zones ou des colonnes. Une progression ? Une structure linéaire ou en S. Un sujet central ? Une carte heuristique. Rien de clair pour l’instant ? Le pop-corn. Et quand le sujet raconte une histoire, une scène ou une métaphore.

Quand on commence la facilitation graphique, on passe souvent pas mal de temps à travailler les pictos, les titres, les couleurs ou la typo. Et on se demande aussi comment toutes ces informations vont tenir ensemble sur la page. En formation, on voit régulièrement des personnes commencer avec une structure choisie un peu au feeling : trois colonnes parce que ça paraît pratique, une carte heuristique parce qu’on maîtrise bien, un grand S parce qu’on l’a vu fonctionner ailleurs.

Pour vous aider à choisir autrement qu’au feeling, on a créé un outil gratuit : 2 ou 3 questions sur votre situation, et une piste d’architecture adaptée à votre situation.

Qu’est-ce qu’une architecture de page ?

L’architecture de page, c’est la manière dont vous organisez les informations dans l’espace pour rendre visibles leurs relations. Elle ne sert pas seulement à faire une page propre ou à guider le regard, elle dit déjà quelque chose du contenu.

  • Trois zones équivalentes suggèrent trois sujets de même niveau.
  • Une ligne ou un chemin indique une progression.
  • Une carte heuristique montre qu’un ensemble d’idées dépend d’un sujet central.

Avant de choisir une structure, on cherche surtout les indices disponibles. Parfois, ils sont déjà dans le contenu : plusieurs parties, une progression, un sujet central… Et parfois, notamment en scribing, on ne sait pas encore vraiment où le propos va partir. Dans ce cas, on ne cherche pas à deviner parfaitement : on part avec une hypothèse suffisamment souple pour pouvoir la faire évoluer.

Les 5 grandes architectures de page en un coup d'œil

1. Quand utiliser des zones ou des colonnes ?

Quand votre contenu comporte plusieurs parties distinctes et de niveau équivalent. Si vous avez déjà identifié 3 enjeux, 4 dimensions ou 2 grands sujets, vous tenez un indice. Attribuez à chacun un espace : deux zones, trois colonnes, quatre blocs…

L’intérêt est que la structure permet de comprendre immédiatement que ces éléments coexistent sans que l’un dépende nécessairement de l’autre.

Quand éviter les colonnes ?

Quand les parties ne sont pas réellement équivalentes. Si la première contient trois fois plus d’informations que les autres, votre belle grille parfaitement symétrique risque de devenir assez rapidement votre pire ennemie. Le contenu passe avant la géométrie.

2. Quand choisir une structure linéaire ou en S ?

Quand tout part d’un sujet central. Le principe est connu : une idée au centre, des branches principales, puis éventuellement des ramifications secondaires. Mais attention à ne pas fabriquer artificiellement un centre. Si vous avez simplement quatre sujets qui vivent très bien leur vie les uns à côté des autres, les faire dépendre d’un gros cercle jaune placé au milieu de la page ne transformera pas votre contenu en système cohérent. Une carte heuristique fonctionne lorsqu’il existe réellement une relation centre -> branches.

3. Quand faire une carte heuristique ?

Si votre contenu possède un sujet central dont partent différentes branches, la carte heuristique devient intéressante. Le principe est connu : une idée au centre, des branches principales, puis éventuellement des ramifications secondaires. Mais attention à ne pas fabriquer artificiellement un centre.


Si vous avez simplement quatre sujets qui vivent très bien leur vie les uns à côté des autres, les faire dépendre d’un gros cercle jaune placé au milieu de la page ne transformera pas votre contenu en système cohérent. Une carte heuristique fonctionne lorsqu’il existe réellement une relation centre – branches.

4. Qu'est-ce que le pop-corn en facilitation graphique ?

Le pop-corn, c’est poser les éléments ici et là sur la page, au fil de l’eau, sans décider à l’avance d’une architecture contraignante. On l’utilise quand on ne sait pas encore où le contenu va partir. C’est fréquent en scribing, lorsqu’on a très peu d’informations en amont. Vous commencez à écouter et, pour l’instant, rien ne vous indique qu’il y aura trois parties, une progression ou un sujet central. Ce n’est pas l’absence totale de structure. C’est une structure suffisamment souple pour attendre de voir ce qui va émerger. Et si une logique apparaît ensuite (des liens, un centre, plusieurs familles), vous pourrez commencer à la rendre visible.

5. Quand utiliser une scène ou une métaphore ?

Quand le contenu raconte quelque chose. Parfois, organiser l’information en blocs ne suffit pas : le sujet possède déjà un univers, avec des personnes, des lieux, des interactions, une situation. Vous pouvez alors construire une scène et utiliser la position, la proximité ou la taille des éléments pour montrer leurs relations. Une métaphore permet parfois d’aller plus loin : une montagne pour une progression, un voyage pour un parcours, un écosystème pour des interdépendances…

Petite alerte quand même : une métaphore n’est intéressante que si elle aide à comprendre. Si vous devez passer cinq minutes à expliquer pourquoi le phare représente le service comptabilité tandis que la mouette symbolise la transformation numérique, il y a peut-être un problème ^^.

Sketchnote, scribing, modélisation : la bonne structure dépend de la situation

On ne prépare pas une page de la même manière selon qu’on prend des notes, qu’on dessine en direct ou qu’on a tout le contenu sous les yeux.

En sketchnote
Vous prenez des notes principalement pour vous. Vous pouvez démarrer assez librement et laisser la structure apparaître progressivement.

En scribing
Vous dessinez en direct ce que d’autres personnes sont en train de dire. Vous ne connaissez donc pas toute la matière à l’avance. Vous partez souvent avec une hypothèse : une architecture en S, quelques zones… tout en gardant la possibilité d’en changer.

En modélisation
mettez en image un contenu dont vous disposez avant de dessiner. Profitez-en : avant de sortir les feutres, cherchez les grandes idées, leurs relations et la structure qu’elles dessinent.

En parler-dessiner
vous dessinez pendant que vous expliquez. Votre architecture doit donc être assez simple pour se construire au rythme de votre discours.

Notre outil gratuit pour choisir votre architecture de page

Vous hésitez encore ? Répondez à 2 ou 3 questions sur votre situation et sur les indices que vous avez déjà. L’outil vous suggère une piste d’architecture : zones, structure linéaire, carte heuristique, pop-corn… Il vous explique aussi pourquoi cette structure peut fonctionner, comment la construire, et surtout dans quel cas il vaudrait mieux en changer.

FAQ

  • Quelle est la différence entre sketchnote et scribing ? Le sketchnote est une prise de notes visuelle, faite surtout pour soi. Le scribing consiste à dessiner en direct les propos d’un groupe (réunion, séminaire, conférence) pour le groupe lui-même.
  • Peut-on changer d’architecture en cours de route ? Pas vraiment au sens de « tout réorganiser ». Sur papier, au feutre, on ne déplace rien. Les vraies réorganisations ne sont possibles qu’en numérique (tablette, calques) ou avec des éléments mobiles comme des post-it ou des cartes. Mais on peut la faire émerger : partez en pop-corn en laissant de l’espace, puis reliez, encadrez ou colorez les éléments quand une logique apparaît.
  • Faut-il toujours mettre un élément au centre de la page ? Non. Un centre n’a de sens que si les autres idées en dépendent vraiment. Pour des sujets indépendants, des zones ou des colonnes sont plus justes.
  • Peut-on combiner plusieurs architectures ? Oui. Une scène ou une métaphore sert souvent de cadre, à l’intérieur duquel on place des zones ou un chemin.
  • Comment organiser une page de scribing quand on ne connaît pas le programme ? Commencez en pop-corn en laissant de la place. Quand des familles d’idées ou une progression se dessinent, regroupez et reliez les éléments.

Une bonne architecture de page ne se choisit pas au feeling : elle se déduit des indices que vous donne le contenu. Et quand ces indices manquent, une structure souple vaut mieux qu’une grille parfaite qui ne tiendra pas.

Aller plus loin

• Trouver les bons pictos pour remplir votre page : Picto Dico
• Comprendre l’intérêt du dessin en direct : Scribing en séminaire : à quoi sert vraiment la facilitation graphique ?
• Se former en ligne ou en présentiel : Formation facilitation graphique SuperTilt

L'autrice

Emmanuelle Marceau
Chez SuperTilt, je m’occupe notamment de rendre nos idées, nos formations et nos ressources plus claires et visibles. J’écris sur la facilitation graphique, l’intelligence collective, la formation et, plus largement, sur tout ce qui peut aider à mieux travailler et apprendre ensemble. Retrouvez aussi nos idées et nos actualités sur LinkedIn et Instagram !

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